Un peu de ma vie pour comprendre

  Je sui né en 1948 dans un village gascon. Mes parents , catholiques pratiquants, sont des gens simples qui n'ont pas fait d'études. Ils se sont arrêtés au certificat d'Etudes. Mon père, artisan plâtrier, aurait pu faire des études supérieures. Son frère, mon oncle, a pu en faire car " il a eu la vocation "et il est entré au séminaire. Il est devenu abbé, puis chanoine, directeur de collège et professeur d'anglais. J'ai été en pension dans son collège puis plus tard j'ai été pensionnaire dans un autre collège dans les Hautes Pyrénées. Collège isolé sur le plateau de Lannemezan et fondé là car la Vierge avait apparu en  ce lieu à une bergère

  
L'église de mon village

    J'ai donc eu une éducation catholique : catéchisme, enfant de chœur émérite, messe dominicale, petite et grande communion, confirmation, pélerinages à Lourdes, à Buglose (lieu de naissance de St-Vincent de Paul), retraite dans un monastère, et ne pas oublier le Scoutisme jusqu'à l'âge de 14 ans dont je garde un excellent souvenir 

    "Sur mon honneur et avec la grâce de Dieu, je promets de servir Dieu, l'église et la patrie, de respecter la nature et d'aider mon prochain en toute circonstance " (Texte cité de mémoire de la Promesse Scoute) 

    De cette éducation chrétienne, le pape dirait :"Quelle chance ! Quelle grâce divine ! " D'autres diraient :"Quel conditionnement ! quel endoctrinement ! " Et moi dans tout ça ? 
Bien , je vous assure. De tempérament religieux ou mystique, aller à la messe ne me dérangeait pas. Contrairement à certains de mes camarades. En Terminales, Bernanos était mon romancier préféré. Bon élève, doué pour le rugby ou le football. Traité occasionnellement de "fayot". J'étais trop jeune pour remettre en cause ces enseignements religieux. On m'avait fait comprendre qu'on était les meilleurs. Eglise catholique romaine mais universelle. 
   Après mon baccalauréat, je suis parti dans la grande ville pour commencer des études supérieures de lettres. Je me suis pas inscrit aux Jeunesses Communistes, comprenez le bien, mais aux Etudiants Catholiques. Pendant ma première année de fac -année de Propédeutique -, j'ai beaucoup lu comme d'habitude car j'ai toujours aimé lire. La psychologie m'a toujours intéressé et j'ai hésité à faire "Psycho" l'année suivante. Je suis devenu un expert en caractérologie, puis j'ai découvert la Psychanalyse, Freud en particulier. En même temps, j'ai découvert la Revue Planète très en vogue à l'époque. Il y avait des articles sur Shri Aurobindo, Lanza del Vasto, le Paranormal. Je suis devenu Teihardien. La noosphère et le Point Oméga de Teilhard de Chardin m'ont séduit et je me suis aperçu qu'il n'était pas en odeur de sainteté au Vatican mais peu m'importait. 

  Je crois bien que c'est l'infâme Sigmund Freud qui a remis en cause ma foi catholique. J'ai commencé à avoir des doutes. Je ne voyais pas comment l'au-delà pouvait exister. Où ? .Impossible, irrationnel. La résurrection du Christ. Scientifiquement impossible. Entre la raison et la foi, il y avait un fossé , un gouffre impossible à combler et la psychanalyse freudienne me satisfaisait intellectuellement. D'où le dilemme. 

Bref, je suis devenu très sceptique et incroyant. En crise. Période qui a dû durer 2 ans .   Métaphysiquement , pas bien du tout. Angoisse existentielle, métaphysique. Mais en recherche constante. Une boulimie de lectures. J'ai même consulté le Traité des Rationalistes dans une bibliothèque. De Freud , je suis passé à Jung qui m'a paru plus large d'esprit et moins obsédé sexuellement. Les archétypes Jungiens m'ont beaucoup intéressé et quand j'ai lu "le Traité des Religions" de Mircea Eliade, je me suis aperçu à ma grande surprise, que la religion c'était une question de mythes et de symboles. J'ai lu aussi " les Grands Initiés "d'Edouard Schuré , le livre qui ,je crois, m'a convaincu de la réincarnation. J'ai lu des livres sur le Yoga, le Zen , les mystiques indiens 
 
 

 
 


                   une de mes peintures de mon village
 
 
 
 


                Une vue de mon village.les bords de l'Arros
 

   Je me souviens parfaitement du moment où j'ai retrouvé la foi ou plutôt la croyance à la Transcendance. J'étais dans une bibliothèque. Je lisais des poèmes mystiques hindous et soudain , comme un voile s'est déchiré , un "satori" dirait les bouddhistes Zen, ce fut une " illumination ". Je suis resté immobile, suspendu. Une joie intense et silencieuse. Je récoltais sans doute le fruit de mes recherches livresques. Depuis , cette foi ne m'a jamais quitté, je n'étais plus catholique.Trop étroit à mon goût. Mais qu'importe ! 

   Ensuite, j'ai continué mes recherches, j'ai continué à lire des livres de spiritualité, des livres sur toutes les religions mais j'ai été plus particulièrement intéressé par l'hindouisme et le bouddhisme." La Vie Divine" de Shri Aurobindo , les Vedas, les grands sages indiens comme Ramakrishna etc... 

   Un jour dans une petite librairie , j'ai trouvé une petite revue avec un discours de Baghwan Rajneesh..."rebaptisé" plus tard Osho , ça a fait tilt. J'ai été tellement touché, séduit que j'ai cherché à en savoir plus .J'ai donc lu beaucoup de ses livres en Anglais. Pour les connaisseurs, j'avoue que je n'ai jamais été en Oregon ou à Poona , j'ai simplement lu ses livres que je trouve très intéressants. En un sens je dois dire que c'est un de mes maîtres spirituels préférés , même s'il a été très critiqué ou calomnié. J'ai toujours adoré son humour